mercredi 25 mars 2015

La ministre arabe nous explique comment doit être l'école française

Lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem

… à propos de la réforme du collège


najat vallaud belkacem ecole
Madame la ministre,
Vous venez d’annoncer une réforme du collège qui était bien nécessaire — car quoi qu’ait pu dire jadis Segolène Royal, le collège est bien le maillon faible, après une école primaire qui n’apprend plus à lire et à écrire à tout le monde et avant le lycée où fort heureusement les savoirs savants ne sont plus à l’ordre du jour. Il était temps, d’ailleurs, que la réforme de Luc Chatel descende vers l’amont, si je puis dire, et que la Gauche prouve enfin qu’elle peut faire aussi bien que la Droite. Ce qui arrive depuis deux ans en Classes préparatoires est très en dessous du niveau requis : mais qui a encore besoin de classes prépas ? Vous avez l’université entre vos mains désormais depuis que la regrettée Geneviève Fioraso est allée passer la maîtrise d’économie qui lui manquait. Pensez à la mettre sur les bons rails où elle est déjà.
Mais le collège ! Quelle occasion manquée ! Certes, l’idée de commencer une seconde langue dès la Cinquième en finançant cet enseignement par les heures de première langue supprimées en Quatrième et en Troisième — nous n’avons aucun besoin de savoir l’anglais mieux que François Hollande. Et puis cette initiative assèchera la demande pour les classes bilingues ou européennes, ces refuges de l’élitisme bourgeois. Notez bien que du coup tous ces enfants des classes favorisées, et pas mal d’autres aussi, se tourneront vers le privé, y compris ce privé confessionnel que vos amis appellent de leurs vœux, vu que l’Islam n’est pas assez présent en France. À terme, cela permettra peut-être de se débarrasser de ce fardeau immense qu’est l’Education Nationale : pensez, vous pourriez être la dernière ministre du Mammouth ! La classe ! 
Comme vous l’avez dit vous-même, les apprenants s’ennuient à l’école, et il faut mettre enfin du divertissement dans les vieux murs des collèges — demander par exemple à Gad Elmaleh d’enseigner l’économie, et particulièrement l’économie souterraine, ou à Jean-Noël Guérini le tri citoyen des déchets ménagers : ce seraient des numéros de clowns fort appréciés des élèves. Ça, ce serait du concret — la descente dans l’ordure !
Quant à la transdisciplinarité… Enfin ! Cinq misérables heures par semaine en moyenne ! Je comprends la colère du patron du SNPDEN, le surdoué Philippe Tournier ! Seuls 20% de l’emploi du temps sont aménageables au gré des fantaisies de « l’équipe pédagogique », cet admirable concept ! C’est la totalité qu’il fallait bouleverser. C’est l’ensemble des cours qu’il fallait rendre ludiques et interdisciplinaires ! Faire officier en même temps les enseignants de Français et de Maths, avec une petite expérience amusante organisée par le prof de Physique-Chimie — le tout en anglais ! Et briser l’espace-classe — consacrer enfin le couloir comme espace pédagogique, ce qu’il est déjà, je vous le fais remarquer ! Ouvrir le collège sur la vraie vie — j’ai dans mon quartier bon nombre de petits dealers que l’on pousserait certainement à la réhabilitation si on les laissait officiellement pénétrer dans un collège où ils sont déjà installés, puisqu’ils y recrutent leurs fourmis et y écoulent leurs produits 100% naturels. De l’herbe ! Voilà de quoi séduire et ramener à vous les élus d’EELV !
C’est la notion même de « prof » qu’il fallait déboulonner ! Qu’est-ce qu’ils se croient, ceux-là, sous prétexte qu’ils ont passé un concours ! Tout le monde peut devenir enseignant ! Notez que la primarisation galopante que vous mettez en place participe quelque peu de cette entreprise de démolition salutaire. Mais pourquoi l’arrêter à la Sixième ? De toute façon, vous allez bientôt recruter n’importe qui pour faire le job, puisque plus personne ne veut s’y risquer pour gagner des clopinettes. Mais enfin, ils ont les vacances, n’est-ce pas…
Pour leur apprendre à rester à leur place (au fond de la classe et devant le distributeur de cafés de la salle des profs), il fallait faire entrer massivement dans les établissements les parents qui y campent de toute façon, et leur donner la charge pédagogique à laquelle ils aspirent — afin de mieux préparer les enfants aux rigueurs de la vie sociale. Un cours sur les meilleures blagues entendues en faisant la queue à Pôle Emploi dériderait l’atmosphère !
De même, vous n’avez rien annoncé concernant la vie du collège. Certes, les redoublements sont désormais à peu près impossibles, mais vous avez maintenu les notes, au grand dam du merveilleux président de la FCPE, l’inoubliable Paul Raoult, qui a pourtant votre oreille. À quoi pensiez-vous ?
Enfin, tout cela ne se mettra en place qu’à la rentrée 2016, sous prétexte que les DHG (Dotations Horaires Globales) sont déjà expédiées. Mais c’est là qu’il fallait faire preuve d’originalité ! Les chefs d’établissement, sous la houlette de leur syndicat-godillot majoritaire, n’auraient pas rechigné à chambouler toute l’organisation ! Parce que d’ici 2016, il peut s’en passer, des choses ! Pensez, vos demi-mesures risquent fort d’inciter les hésitants à voter définitivement FN, dès la fin du mois. Vous me direz que c’est justement cela, le plan : créer les conditions d’accession au pouvoir de Marine Le Pen, dont vous êtes, ainsi que l’ensemble du gouvernement, le sous-marin fidèle. Je suis vraiment stupide de ne pas y avoir pensé !

Un nouveau commentateur

Crash de l’A320: allô, monsieur le Président ?

L’Elysée, agence française de presse

Publié le 24 mars 2015 à 16:34 dans Politique Société
Hollande crash A320 GermanwingsNous avons appris ce matin, comme tous les Français, la nouvelle du crash d’un airbus A320 de la compagnie Germanwings dans les Alpes du sud, alors qu’il effectuait un vol reliant Barcelone à Düsseldorf. Au-delà de la compassion que ce drame nous inspire pour les victimes et leur famille, il convient tout de même de s’interroger sur le traitement particulier que certains médias réservent à cet événement.
A 12h54, Libération titrait en effet « Crash d’un Airbus près de Barcelonette, d’après François Hollande, il n’y a aucun survivant. » A 12h45, c’est Le Monde qui publiait « Crash d’un Airbus A320, aucun survivant selon Hollande ».
crash A320 Germanwings Libération
Ainsi donc, François Hollande est devenu le correspondant « ès drames » des quotidiens nationaux. Ce n’est pas vers l’AFP, mais vers lui qu’ils se précipitent pour prendre des informations. Le Préfet des Alpes de Haute-Provence, le directeur de l’aviation civile, le ministre des transports n’en ont-ils pas de plus précises à leur niveau ? Non, c’est vers François Hollande qu’on se tourne pour recueillir des précisions sur le drame. L’Elysée est devenu une agence de presse.
Faut-il y voir l’effet d’un exécutif qui a perdu tout pouvoir et qui est condamné à commenter les faits divers ? Ou est-ce l’un des derniers avatars du pouvoir monarchique en France : les médias, comme le peuple, iraient chercher auprès de leur souverain un peu de réconfort ? Sans doute un peu des deux, ce qui a conduit le député Lionnel Luca à se payer le Président dans un tweet : « On croyait avoir perdu FH depuis ce week-end électoral meurtrier. On vient de le retrouver comme commentateur du crash. »
La concomitance et la similitude des titres de Libération et du Monde laissent en tout cas supposer que L’Elysée a été assez pro-actif dans la publication d’un communiqué. Investi du rôle de père protecteur de la nation après le 11 janvier, François Hollande va-t-il finir son mandat en touchant les écrouelles, là ou d’autres l’imaginaient inaugurant les chrysanthèmes ?…

mardi 17 mars 2015

Manuel Valls sous influence juive ?

Manuel Valls sous influence juive ? Dumas aurait-il raison ?

Manuel Valls serait-il sous l'influence de son épouse Anne Gravoin ? Autrement dit,  Valls pourrait-il être sous "influence juive "? Je ne sais pas mais c'est ce que Roland Dumas a laissé entendre ce matin sur le plateau de RMC / BFM face à Bourdin. Forcément, voilà qui fait polémique.

Le mieux, c'est de demander directement à Manuel Valls ce qu'il en pense, non ?


" Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël. Quand même ! " Le tout dit avec la puissance de conviction dont sait faire preuve Manuel, le petit coup de menton en plus...

Alors, Valls sous " influence juive " ? Je ne sais toujours pas mais disons que Roland Dumas n' a peut-être pas tout à fait tort...

Hum.... Je sens qu'on va bien en trouver un pour me dire que je suis " écœurant ". Patientons...

Ah si seulement, si en France, on mettait autant d'énergie à résoudre le chômage qu'à polémiquer...

Folie passagère 2661.
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D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

L'excité de Matignon et les élections départementales

L'excité de Matignon et les élections départementales


Nous aurons donc dimanche le premier tour des élections départementales. C'est bien, non ? On sait d'avance que la gauche va se prendre une bonne dérouillée, voilà qui a de quoi nous réjouir.

Que penser de cette campagne électorale ? Pas grand chose de bien à vrai dire. Le gouvernement par la voie de l'hystérique Manuel Valls a choisi de placer la lutte contre le FN avant les enjeux départementaux, la droite lui a emboîté le pas. Le FN par ci, le FN par là, comme si les enjeux de ces élections se situaient à ce niveau. Quant à la propagande gouvernementale diffusée sur les ondes, elle se contente de souligner que pour la première fois, le peuple votera pour un binôme Homme/Femme. Tu parles d'une avancée !

Vous auriez pu entendre parler de RSA, de budgets d'investissements, de la façon dont les départements vont pouvoir assumer leurs charges avec une baisse de je ne sais plus combien de milliards de dotations de l'Etat, de quelles manières les conseillers départementaux vont améliorer le fonctionnement des collèges, des travaux de rénovation des structures routières, de l'amélioration des transports en commun, des relations entre le conseil départementales et votre commune, de la façon dont les associations seront subventionnées, du soutien aux handicapés ou aux chômeurs, du nombre de crèches qui seront construites, de la protection de l'environnement, de la couverture numérique de votre département, ...  Bref, nous aurions pu apprendre plein de choses sur cette collectivité qui gère une bonne partie de notre quotidien, mais de tout cela vous ne saurez rien si vous ne prenez pas votre courage à deux mains pour lire les différentes propositions de foi des candidats que vous avez du recevoir ces jours-ci.

Je les ai reçu et je les ai toutes lu. Faut dire qu'ils ne sont pas nombreux dans le Val d'Oise: 5 listes en présence, UMP-UDI (l'équipe sortante qui sera très certainement reconduite), PS, Ecolos, FDG et FN.  On ne discutera pas des différents programmes, ils promettent tous à peu près la même chose: plus de  crèches, plus de routes, plus de protection de l'environnement, plus de soutiens aux handicapés, plus de fibres optiques, plus de logements... et moins d'impôts etc, etc, etc... Elles ont par contre toutes un point commun: aucune n'avance de projets chiffrés. Aucune. L'équipe en place, UMP, dresse certes un bilan chiffré de son activité mais ne valorise absolument pas son programme.

La raison de tout cela est pourtant simple à comprendre: Aucun des candidats ne sait quel sera le périmètre précis de son domaine de compétence, aucun des candidats n'est capable de dire avec certitude quel sera la durée de son mandat. Tenez par exemple la gestion du réseau routier départemental, si j'en crois un des directeurs généraux du département, il y a 1 mois, on leur annonçait que la charge en reviendrait aux régions et il y a quinze jours, il apprend que finalement, sauf nouveau changement, les routes resteront du ressort du département. Sauf nouveau changement... Le gars bosse dans la fonction depuis vingt cinq ans, vote socialiste depuis cinquante et reconnait volontiers n'avoir jamais assisté à un tel bordel, une telle déresponsabilisation et démotivation des équipes. La faute à qui lui ais-je demandé ? La faute au gouvernement qui n'a absolument pas su organiser la réforme territoriale. Comment dans ces conditions, lui demandais-je, les candidats peuvent-ils budgéter ou planifier les investissements ? C'est assez simple, me répondit-il, on ne projette rien, on gère le quotidien et l'avenir avec les historiques et... on attend !

Dès lors comment s'étonner que les états-majors parisiens, le gouvernement en tête, déplacent le débat au niveau national ?

Remarquez que cela n'est pas pour me déplaire, les socialistes, que ce soit au plan local ou national vont se prendre une magistrale déculottée, ils ne l'auront pas volé. L'excité de Matignon aura mouillé la chemise, plus de quinze meetings, cinq cette semaine, c'est donc lui, le chef officiel de la majorité, qui devra porter la responsabilité de cet échec, Président comptant pour du beurre sur ce coup là. Valls aura transformé une élection locale en élection nationale avec comme seul enjeu médiatique ses charges contre le FN; quelle erreur de stratégie ! On verra que ses rodomontades et autres coups de mentons n'auront servi à rien. Les candidats de gauche seront laminés et UMP-UDI feront à peu de choses près jeu égal. (A mon avis, l'UMP-UDI devrait finir avec au moins 3 points d'avance sur le FN )

Manquerait plus que l'Essonne, le fief de " Pépé " Valls, dont le conseil général est tenu par le frondeur Guedj, passe à droite, ce qui semble probable, pour que ma joie soit entière. A moins que ce pseudo scandale, sorti opportunément à cinq jours du premier tour, sur les comptes bancaires du sénateur UMP local, un certain Dassault, ne lui sauve la mise... Marrant ces affaires qui sortent toujours au bon moment: les comptes Dassault, le retour de Buisson, le cochon dans les cantines,...

Alors puisque le gouvernement a décidé de nationaliser ces élections, n'hésitons pas, votons dimanche et boutons un maximum de gauchistes hors du jeu !

Quand on pense qu'il y a moins de trois ans, ils avaient tout... les cons !

Colombani, traître antifrançais, collabo et raciste

Le triste sire Colombani

15 mars 2015
Par 

Le ci-devant Colombani n’aime vraiment pas les russes. Il en a donné un nouvel exemple dans la tribune qu’il écrit pour le quotidien gratuit Direct Matin, tribune reprise sur internet dans Slate.fr où le ci-devant, qui en est aussi le directeur de publication, officie aussi[1]. C’est un exemple frappant et instructif du racisme antirusse, qui inspire ces élites auxquelles le ci-devant appartient, qu’il nous délivre à cette occasion.

Le bonheur ne s’achète pas.

Le ci-devant Colombani découvre donc qu’il y a des russes heureux. Et en plus, leur pourcentage progresse. Voilà qui semble beaucoup le chagriner. Il écrit donc « Selon un sondage publié fin février par VCIOM, institut russe d’études d’opinion publique, la part des personnes heureuses en Russie est en hausse : 52% contre 44% en décembre 2014. Malgré les sanctions contre le pays et la récente dévaluation du rouble, tout irait donc bien pour les Russes. Pour l’économiste Siméon Djankov, cette joie de vivre est difficilement conciliable avec certains faits qu’il rappelle sur le blog du Peterson Institute for International Economics ». Cette progression de gens se déclarant heureux l’effraie. Elle lui semble incompatible avec les effets des « sanctions » occidentales. Ces dernières sont réputées avoir plongé l’économie dans le chaos…Ou peut-être pas. Car il y a des observateurs, plus perspicaces que le ci-devant qui ont émis de sérieux doutes quant à cette vision catastrophiste de l’impact des sanctions.
C’est en réalité une chose très facilement compréhensible. Le ci-devant ne conçoit pas le bonheur en dehors des choses matérielles. Pour lui, ce n’est qu’une valeur comptable. Que, dans la notion du bonheur il puisse y avoir celle de la fierté nationale, de la dignité retrouvée, lui est à tout plein incompréhensible. Que le bonheur individuel participe d’émotions collectives, comme celles qu’ont éprouvées les russes à l’occasion du rattachement de la Crimée à la Russie lui est inconcevable. Il est bien ce produit de la bourgeoisie dont Marx et Engels disait, dans le Manifeste du Parti communiste, qu’elle « … a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ». Voilà pourquoi il ne peut concevoir que, dans un pays où il y a des difficultés économiques, les gens puissent se sentir plus heureux. Non, il n’y a là aucune « dissonance cognitive ». Car, le ci-devant Colombani n’est pas à court d’une explication. Il ne la formule pas lui-même. Le ci-devant à des pudeurs de jeune fille d’un autre temps. Il préfère laisser la parole à d’autres, se réfugier derrière ce qu’il considère comme un « avis autorisé », celui de Siméon Djankov auquel il fait dire : “Je ne peux penser qu’à deux explications possibles de cette apparente dissonance cognitive. Premièrement, la majorité des Russes aiment souffrir : quand les temps deviennent durs, ils se sentent plus gais. Deuxièmement, les personnes interrogées ont peur de donner la véritable réponse puisque la paranoïa à l’égard de l’Etat omniprésent a rapidement augmenté. » Ah, que ces pratiques sont belles de la part d’un journaliste si éminent. Il ne dit pas ce qu’il pense vraiment : les russes aiment souffrir et sont tenus par la peur. Non, il le suggère par le biais d’une citation d’autrui. Mais, on se rend bien compte que ceci ne fait que traduire ce que le ci-devant Colombani pense. Et cette pensée est tout simplement raciste.

Le racisme antirusse en action.

On se souvient de ce discours du XIXème siècle qu’avaient repris une partie de l’élite blanche sud-africaine : les noirs ont une gaine qui entoure leurs nerfs et qui fait qu’ils ressentent moins la douleur. D’où cette conclusion : on peut fouetter ces noirs, car ils ne sentent rien ou si peu…Et bien nous avons ici une autre forme de ce même racisme : « les russes aiment souffrir ». Donc, il n’est pas étonnant que plus nous (les occidentaux) nous leur faisons « mal » avec les sanctions, et plus ils soient heureux. On ne sait trop si, devant tant de stupidité, il faut rire ou bien pleurer.
Le stéréotype s’affiche dans sa bêtise crasse. S’il était un journaliste honnête, il aurait pu –et il aurait dû – regarder d’autres sondages, interroger d’autres personnes connaissant la Russie, bref trouver d’autres sources que quelques idéologues américains. Mais, cela fait des années, et les anciens lecteurs du Monde ne le savent que trop, que le ci-devant Colombani a abdiqué toute prétention et au journalisme et à l’honnêteté intellectuelle. Il n’est plus qu’un idéologue comme un autre. Il reprend à leur sources tous ces préjugés qui existent depuis maintenant près de deux siècles quant aux russes, il les recycle pour leur donner une forme plus acceptable, mais le fond est toujours le même : les russes sont des barbares, des êtres primitifs qui « aiment souffrir » quand ils ne sont pas terrorisés par le pouvoir.
Pourtant, la Russie a donné quelques leçons depuis deux siècles qu’elle a produit une civilisation, certes différente, mais comparable à celle de l’Europe occidentale. Que ce soit dans les arts ou dans les techniques, on ne compte plus les apports de la Russie. Pourtant, tout ceci est systématiquement nié, et l’image de la Russie qui est véhiculée par ces idéologues à gages est toujours celle d’un monde primitif et brutal. Il y a donc beaucoup de racisme dans cela, mais il y a aussi une idéologie meurtrière, comme un appel à la guerre. Rappelons-nous ce que les nazis disaient des slaves : des untermensch, des sous-hommes. On ne sait que trop où ceci conduisit, et les horreurs sans nom de la guerre d’extermination que les nazis (et leurs alliés) conduisirent contre les peuples de l’URSS. Mais on oublie parfois de rappeler où tout ceci s’arrêta : les dits sous-hommes infligèrent aux nazis des défaites sanglantes et prirent Berlin. Le ci-devant Colombani devrait s’en souvenir, ou alors il s’expose à finir comme d’autres ci-devants…

Confusion et méconnaissances

Mais il est vrai que la Russie a connu des problèmes économiques, et qu’elle en connaîtra encore en 2015. L’année 2014 a été marquée par une très forte dépréciation du taux de change, qui a eu des conséquences importantes sur la hausse des prix et sur le système financier. On sait que la situation actuelle se caractérise à la fois par une forte baisse des prix du pétrole, qui devrait durer jusqu’au mois de juin 2015, et par un affrontement entre les pays occidentaux et la Russie au sujet de l’Ukraine. Les sanctions financière qui ont résulté du conflit en Ukraine ont eu un impact sur la Russie qui a été surtout important dans la sphère financière. Ceci a contribué à déstabiliser encore plus le taux de change. Les prévisions pour 2015, comme celles du Ministre des finances, M. Siluanov, sont mauvaises et l’on annonce une récession de -4% du PIB. Il est possible que l’on pêche par excès de pessimisme, car d’autres éléments indiquent que l’économie russe résiste bien aux sanctions et pourrait rebondir dans le cours du 2ème semestre.
Mais, nouveau modèle de croissance s’impose désormais. C’est ce qu’a reconnu d’ailleurs le Président Poutine lors de son adresse du 4 décembre. L’importance du débat sur ce sujet ne date d’ailleurs pas de ces derniers jours[2]. La mise en place d’un modèle de financement (et bancaire) de développement « autocentré » (comme on peut le constater avec la mise en place du « système national de paiements ») met en lumière la dimension stratégique du taux d’intérêt, mais aussi celle d’un système bancaire performant[3]. En effet, tant que l’on considère que le rouble doit être stabilisé par des instruments de marché, ces taux resteront nécessairement élevés. Or, ils freinent, voire empêchent, l’économie russe de se diversifier et de profiter de la dépréciation du rouble qui rend les producteurs russes plus que compétitifs que ce soit à l’exportation ou sur le marché intérieur.
En fait, on constate que la politique de la Banque Centrale n’est pas cohérente que ce soit avec ses propres principes ou avec la situation que l’économie russe connaît. Pour lutter contre les effets de la déstabilisation du taux de change elle a fortement monté ses taux. Or, les taux d’intérêts pratiqués détruisent en effet les éléments de substitution à l’import qui existaient depuis cet automne et qui se développaient. La Banque centrale risque d’être désignée comme la principale responsable des difficultés économique qui s’annoncent. Les taux sur les prêts à l’agriculture pratiqués par les banques commerciales, en référence aux taux de la BCR, sont au minimum de 25% et plus proches de 35%. Les sociétés de leasing, y compris parapubliques comme la Rosselkhoz, sont en train de rapatrier massivement le matériel agricole au moindre défaut de paiement. Il en résulte que les producteurs agricoles ne peuvent acheter les semences et entretenir leur matériel. Beaucoup sont en défaut depuis l’an dernier. Une réaction de la part du gouvernement s’annonce et devrait prendre la forme de diverses mesures et peut-être de changements dans le gouvernement lui-même.

Il est donc clair qu’il y a de nombreux problèmes en Russie. Nul ne le nie. Mais, ces problèmes sont connus et reconnus comme tels. Peut-être que le sentiment de « bonheur » exprimé par 52% des russes traduit-il simplement le fait qu’existe la conscience que l’on sait où l’on va et que l’on a confiance, peut-être moins en certaines personnes du gouvernement que dans le système général de gouvernement, pour résoudre les difficultés qui ont surgi et qui surgiront. Dans le « Chant des Partisans », s’exprime justement cette idée d’une communauté de lutte et de projet où chacun sait ce qu’il a à faire.
« Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.

Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.

Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.

Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute… »
Cette idée correspond à une certaine définition du bonheur, non pas du bonheur hédoniste mais de celui qui se construit dans une lutte collective. C’est cela que, visiblement, le ci-devant Colombani ne peut et ne veut comprendre. Tout comme il ne peut comprendre que l’on veuille vivre dans un pays, la France ou la Russie, libre et souverain.
Il est vrai qu’il a choisi son camp, et que ce dernier n’est pas celui de la résistance.

Notes
[1] Colombani J-M, « Heureux qui, comme un russe », publié dans Direct Matin, n° 1653, 12 mars 2015.
[2] Ivanter V.V. Nekipelov A.D. et Glazyev S.Yu (2013), « Problemy Dolgosrotchnogo Sotsial’nogo-Yekonomitcheskogo Razvitija », Yekonomitcheskie i Sotsial’nye Peremeny n°30 (6/2013), p.14-25. Disponible aussi sur http://www.ras.ru/news/shownews.aspx?id=4f0a07fe-8853-4eda-9428-574f5fcf0654
[3] Ivanter V.V., Uzyakov M.N, Ksenofontof ,M. Yu., Shirov A.A., Panfilov B.S., Govtvan’ O. Dzh., Kuvalin D.B., Porfiriev B.N., « Novaya Yekonomika Politika – Politika Yekonomitcheskogo Rosta », (2013), in Problemy Prognozirovaniya, n°6 (141), pp. 3-16.

Onfray quenellise Valls

Triste époque où la finesse de pensée est finalement interdite – surtout par les JeSuisCharlie…

Michel Onfray : “Cette mafia qui se réclame de la gauche…”

Le Point : Une partie de la gauche est devenue très hostile à votre égard. Votre opposition à la théorie du genre, votre critique de l’islam et votre défense d’Eric Zemmour vous ont valu le surnom de « Finkielkraut bis ». Auriez-vous basculé du « côté obscur de la force » ?
Michel Onfray : Tout dépend de quelle gauche on parle …
La gauche mondaine, parisienne, celle de Saint-Germain-des-Prés ?
La gauche caviar de BHL ?
La gauche tellement libérale qu’elle défend la vente d’enfants en justifiant la location d’utérus des femmes pauvres pour des couples riches ?
La gauche de Pierre Bergé qui estime que louer son ventre, c’est la même chose que travailler comme caissière ?
La gauche qui préfère avoir tort avec Robespierre, Marx, Lénine, Staline, Mao, Khomeyni que raison avec Camus ?
La gauche qui rend responsables Houellebecq, Finkielkraut et Zemmour des attentats du 7 janvier, qu’elle ne veut pas nommer islamistes ?
La gauche de Libération qui, le 20 janvier 2014, justifie la zoophilie et la coprophagie avec la philosophe Beatriz Preciado, chroniqueuse dudit journal ?
La gauche qui fit de Bernard Tapie son héros et un ministre ?
La gauche qui a vendu une télévision publique à Berlusconi ?
La gauche qui traque la misogynie et la phallocratie partout dans la langue française et veut qu’on dise professeure et auteure mais qui ne voit pas que la polygamie, le voile, la répudiation, les mariages arrangés, l’excision, le chômage des mères seules, les ex-maris qui ne paient pas les pensions alimentaires font des ravages plus profonds en matière de phallocratie ?
La gauche qui vote comme Sarkozy sur l’Europe et l’euro, la diminution des retraites et l’augmentation du temps de travail, les restrictions de remboursements maladie, et croit que le danger fasciste est partout sauf là où il est ?
La gauche qui se croit antifasciste comme Jean Moulin quand elle appelle à interdire le parti de Marine Le Pen ?
La gauche de ceux qui croient à la liberté de la presse, à la liberté d’expression, bien sûr, mais qui me bannissent de France Inter pendant quatre ans ou demandent qu’on interdise la diffusion de mon cours sur Freud à France Culture en lançant une pétition contre moi au nom de la liberté d’expression ?
La gauche du sénateur socialiste qui intervient auprès du président du conseil régional de Basse-Normandie pour faire sauter la subvention de l’Université populaire à la demande d’une historienne de la psychanalyse qui, bien sûr, est de gauche ?
La gauche qui détruit l’école parce qu’elle sait que ses enfants sortiront de toute façon du lot, puisqu’elle s’en occupe à la maison et qui, de ce fait, renvoie les enfants de pauvres dans les caniveaux où Marine Le Pen ou le djihad les récupèrent ?
Que cette gauche-là ne m’aime pas, ça m’honore …
En revanche, je ne compte pas le nombre de gens vraiment de gauche qui me disent, dans la rue, par mails, par courrier, à l’issue de mes conférences, qu’ils sont d’accord avec moi mais n’osent pas le dire parce qu’il règne une terreur idéologique activée par cette mafia qui se réclame de la gauche …
Le Point : Même la revue de la nouvelle droite, « Eléments », vous tresse des lauriers … Y aurait-il un malentendu ?
Michel Onfray : Je suis antilibéral, contre l’euro et l’Europe, pour les peuples, je défends un socialisme proudhonien, mutualiste et fédéraliste, je crois au génie du peuple tant que les médias de masse ne l’abrutissent pas pour le transformer en masse abêtie qui jouit de la servitude volontaire et descend dans la rue comme un seul homme au premier coup de sifflet médiatique, je ne crois pas que le marché doive faire la loi, je ne fais pas de l’argent l’horizon indépassable de toute éthique et de toute politique, je préfère les girondins fédéralistes et provinciaux aux jacobins centralisateurs et coupeurs de têtes, et avec ça, je suis de gauche – si Eléments est d’accord avec ça, devrais-je cesser de croire ce que je crois ?
Le Point : Dans « L’ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus », vous faisiez une critique implacable de la « gauche totalitaire ». Ce livre n’a-t-il pas marqué une rupture définitive entre une certaine intelligentsia de gauche et vous ?
Michel Onfray : Une certaine intelligentsia de gauche, comme vous dites, n’a jamais aimé que je ne sois pas du sérail et que je ne doive mon statut qu’à mon travail et non au copinage tribal qui fait l’essentiel de son quotidien. J’ai construit ma vie pour n’avoir rien à demander à personne. Que cette tribu grosse comme un village papou fasse sa loi et fonctionne comme une mafia, c’est son affaire, pas la mienne.
J’ai créé l’Université populaire de Caen il y a treize ans, en province, pour lutter contre la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle, cette université fonctionne à merveille avec une vingtaine d’amis. J’y travaille bénévolement et les cours sont gratuits. C’est ma façon d’être de gauche car se dire de gauche compte pour rien si l’on ne vit pas une vie de gauche, à savoir une vie dans laquelle on incarne les idéaux de gauche : liberté, égalité, fraternité, laïcité, féminisme. Cette intelligentsia n’en parle jamais alors que mille personnes viennent chaque lundi à mon cours. L’arbitre des élégances n’est pas pour moi ce village papou, mais ce peuple qui vient.
Le Point : « Moi qui suis de gauche, je préfère un homme de droite intelligent à un homme de gauche débile » avez-vous déclaré au « Figaro ». La droite serait-elle de plus en plus intelligente ? Et, a contrario, la gauche serait-elle de plus en plus débile ?
Michel Onfray : Depuis que je juge la gauche sur ce qu’elle fait plus que sur ce qu’elle dit d’elle, je ne me fais plus avoir par les étiquettes. Il n’y a pas la gauche et la droite, mais des gens de gauche et des gens de droite. Et je n’estime pas une personne sur ces critères. Pas plus que l’athée que je suis ne juge autrui sur le fait qu’il croie ou non en Dieu, mais sur ce qu’il fait de son athéisme ou de sa foi dans sa vie quotidienne. Là aussi, là encore, je préfère un croyant intelligent à un athée imbécile. Je trouve même sidérant qu’on ait besoin de le dire, ce qui supposerait qu’un homme de gauche devrait préférer un crétin de gauche à un homme de droite intelligent …
Le Point : Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche ?
Michel Onfray : Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Mine ni de Jacques Attali, qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils, d’ailleurs ? Concluez, si vous voulez, que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préfère une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et Le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait …
Le Point : Y a-t-il un homme politique de droite pour lequel vous seriez prêt à voter ?
Michel Onfray : Aucun. Ni d’ailleurs aucun homme de gauche. C’est fini, l’époque où je croyais aux bateleurs de la politique politicienne.
Propos recueillis par Sébastien Le Fol.
Source : Le Point, le 9 mars 2015. (Et pour les non-abonnés au Point, ici).

Onfray traite Valls de “crétin” : décryptage d’une polémique

Une petite phrase dans une interview du philosophe au “Point” - ”Je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL” – a mis le feu aux poudres. Explications.
Michel Onfray et Manuel Valls. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA & BALTEL/SIPA - Montage l'Obs)
Michel Onfray et Manuel Valls.
“Manuel Valls est un crétin.” “Michel Onfray perd ses repères.” Le philosophe Michel Onfray, qui se réclame de la gauche, et le Premier ministre Manuel Valls s’échangent des amabilités depuis dimanche.
Au coeur de la polémique, une petite phrase dans une interview de Michel Onfray au “Point”dans laquelle il dit préférer “une analyse juste” de droite (extrême) “qu’une analyse injuste” de gauche. Décryptage d’une passe d’armes qui a pris une nouvelle tournure lundi 9 mars alors que le philosophe a qualifié le chef du gouvernement de “crétin”.

# La provocation

“Je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL [Bernard-Henri Lévy, NDLR].” C’est la phrase à l’origine de la controverse. Dans une interview au “Point” datée du 25 février, Michel Onfray confie qu’il ne se sent “pas proche” des intellectuels BHL, Alain Minc et Jacques Attali ”qui, me dit-on, sont de gauche”.
Dans son interview, au cours de laquelle il tape à bras raccourcis sur une partie de la gauche, incarnée notamment par Manuel Valls, Michel Onfray précise donc qu’il “préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL”.
Or, Alain de Benoist, essayiste et journaliste, est un ancien militant d’extrême droite. Figure de la “Nouvelle Droite”, ce mouvement tantôt placé ”entre droite et extrême droite”tantôt décrit comme “fasciste”, Alain de Benoist assure néanmoins “n’avoir jamais voté pour le Front national”.
En citant ce nom, Michel Onfray est cependant conscient de jouer la provocation. “Les Papous vont hurler !” prévient-il dans les colonnes du “Point”.

# La réplique

Lors d’un entretien accordé à Europe 1/i-Télé/Le Monde, Manuel Valls lance dimanche une charge contre le Front national. Mais il profite aussi de son interview pour répondre aux critiques du philosophe qui dénonce, dans les colonnes du “Point”, “une mafia qui se réclame de la gauche” et reproche notamment aux socialistes d’avoir abandonné leurs idéaux sur de nombreuses thématiques, comme l’école, l’emploi ou les inégalités hommes-femmes.
Et la référence à Alain de Benoist a visiblement fortement déplu au Premier ministre :
Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la ‘Nouvelle Droite’ dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grece, [...] au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères”, dénonce Manuel Valls.

# L’insulte

“Manuel Valls est un crétin.” Le philosophe n’a pas du tout apprécié le raccourci du Premier ministre. Dans son interview, il ne dit pas concrétement que Alain de Benoist “vaut mieux” que Bernard Henri-Lévy. Si l’on reprend ses termes, le philosophe assume “préférer une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de BHL”.
La nuance est importante. Dans “Le Point”, Michel Onfray s’empressait d’ailleurs d’ajouter : “Je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist.”
Pour le philosophe, “Manuel Valls, l’ami de BHL, perd [donc] les pédales !”
S’il faut une explication de texte à Manuel Valls [...] je disais que, moi qui suis de gauche, je préférais une idée juste, fût-elle de droite, à une idée fausse même si elle est de gauche, surtout si elle est de gauche. Quel philosophe, quel citoyen même, pourrait soutenir le contraire d’ailleurs, sauf à préférer l’erreur et le faux pour des raisons idéologiques ? Ne pas souscrire à cette affirmation de bon sens élémentaire revient à dire qu’il vaut mieux une idée fausse avec BHL qu’une idée juste de droite.”
Et Michel Onfray de se fendre d’un tweet outré, dans lequel il qualifie le Premier et le secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, de “crétins”.
Le terme est fort. Mais, invité d’Europe 1 lundi matin, le philosophe libertaire confirme l’emploi du mot “crétin” pour qualifier le Premier ministre.
J’ai vérifié dans le dictionnaire, ça s’appelle un crétin. Ce n’est pas insultant, c’est familier.”
Voilà qui est dit.
Source : Renaud Février, pour L’Obs, le 9 mars 2015.

Onfray sur Vals : “Dans le dictionnaire, ça s’appelle un crétin”

VIDÉO. Manuel Valls s’en est pris dimanche à Michel Onfray, accusé de “perdre les repères”. Le philosophe, qui se dit “vraiment de gauche”, tacle l’exécutif.
Le philosophe Michel Onfray ne décolère pas contre le couple exécutif.
Le philosophe Michel Onfray ne décolère pas contre le couple exécutif.
“Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils, d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préfère une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist… Les Papous vont hurler ?” Voici la réponse de Michel Onfray auPoint (n° 2216) qui l’interrogeait sur les intellectuels de droite dont le philosophe se sent le plus proche.
Des propos qui n’ont manifestement pas échappé à Manuel Valls. “Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle Droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grece, (…) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères”, a dénoncé dimanche le Premier ministre auGrand Rendez-vous Europe 1/i>Télé/Le Monde.

“Je suis vraiment de gauche”

“Manuel Valls, l’ami de BHL, perd les pédales !” a réagi dans un premier temps le philosophe. Lundi matin, sur Europe 1, Michel Onfray s’est refusé à répondre au Premier ministre. “Je ne lui réponds rien du tout parce qu’il n’a rien lu du tout. Ses fameux conseillers en communication ont dû lui fabriquer une petite fiche, ils n’ont pas compris ce que j’avais écrit. Je fais juste mon travail de philosophe en disant que je préfère une idée juste et mon problème n’est pas de savoir si cette idée juste est de droite ou de gauche. J’ai l’impression que Manuel Valls pense le contraire, c’est-à-dire qu’il préfère une idée fausse, pourvu qu’elle soit de gauche, à une idée juste si elle de droite.” Et le philosophe d’ajouter : “J’ai vérifié dans le dictionnaire, ça s’appelle un crétin. Ce n’est pas insultant, c’est familier.”
REGARDEZ Michel Onfray
“Moi, je suis vraiment de gauche, et eux ont cessé de l’être en 1983″, a affirmé Michel Onfray, faisant référence au “tournant de la rigueur” mené par François Mitterrand. Pour lui, “les repères sont perdus depuis que Mitterrand a converti la gauche à la droite”. Poursuivant sa diatribe, Michel Onfray n’a pas oublié de tacler l’actuel chef de l’État, sans le nommer. Faisant référence à un récent dîner à l’Élysée auquel participait Joey Starr et Julie Gayet, l’écrivain assène : “Si ce monsieur oublie ce que je fais depuis treize ans, et, plutôt que de m’inviter, on préfère inviter Joey Starr qui boit du whisky ou Julie Gayet ou Yannick Noah en considérant que ce sont les seuls critères intellectuels qu’on ait à présenter, c’est leur affaire, mais ce n’est pas la mienne.” Fin de la polémique ?
Source : Le Point, le 9 mars 2015.

Michel Onfray répond à Valls : “Si le PS a perdu ses repères, c’est un peu à cause de lui”

Michel Onfray a répondu à Manuel Valls
Michel Onfray a répondu à Manuel Valls
Manuel Valls s’en est pris dimanche au philosophe Michel Onfray, accusé de “perdre les repères” et de préférer l’intellectuel de la Nouvelle droite, Alain de Benoist, à Bernard-Henri Lévy. Celui-ci lui a répondu ce lundi matin sur RMC.
Passe d’arme entre Manuel Valls et Michel Onfray. Le premier accuse l’autre de “perdre les repères”. Le second “de perdre les pédales”. Et la querelle a continué ce lundi matin. Ainsi, invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin sur RMC, le philosophe s’en est une nouvelle fois pris au Premier ministre. “C’est drôle que l’on me reproche de perdre mes repères alors que si vraiment le PS a perdu les siens c’est un peu à cause de gens comme lui”, assène-t-il.

“Je n’ai pas le droit de le penser ?”

Et de faire une anaphore pour argumenter son propos: “C’est quand même Manuel Valls qui critique les 35h. C’est quand même Manuel Valls qui a été filmé sur les marchés disant que cela manquait de ‘blancos’. C’est quand même Manuel Valls qui a été dragué par Sarkozy au moment de son gouvernement d’ouverture. C’est quand même Manuel Valls qui veut en finir avec le mot socialisme qu’il trouve grossier et vulgaire. C’est quand même Manuel Valls qui appartient à un parti qui, avec Sarkozy, a dit au peuple qui avait voté non à l’Europe en 2005 ‘On en a rien à faire de votre décision’”.
Dans Bourdin Direct, Michel Onfray va encore plus loin. “Je n’ai pas dit ce que Manuel Valls dit. J’ai dit qu’il valait mieux une idée juste d’Alain de Benoist qu’une idée injuste de BHL. Cela ne veut pas dire que l’on préfère Alain de Benoist à BHL. Mais aurais-je même dit cela, je n’ai pas le droit de le dire? Je n’ai pas le droit de le penser?”, s’interroge-t-il. Et de contre-attaquer vertement.

“L’Union soviétique et l’OAS, c’est la même chose”

“Parce que tous ces gens qui n’ont jamais lu une seule ligne d’Alain de Benoist, sont incapables de citer un seul de ses titres, m’expliquent qu’il est d’extrême droite, qu’il a soutenu l’OAS. Oui, il l’a soutenu et en même temps Cambadélis a soutenu Trotski, BHL a soutenu Mao et pratiquement tous les gens qui sont dans la presse de gauche aujourd’hui ont eu leur période Pol Pot, Mao, URSS etc. Ces gens-là sont-ils pires que l’OAS? Pour moi, ça se vaut”, estime le philosophe sur RMC.
Il poursuit, en colère: “L’Union soviétique et l’OAS pour moi c’est exactement la même chose ! Je regrette mais pour moi Alain de Benoist fait partie du paysage intellectuel français et on le criminalise en disant qu’il est fasciste. Or, il suffit de lire quelques-uns de ses livres pour savoir qu’il est intellectuel de droite. Même si ce n’est pas ma pensée, je me nourris de tous les intellectuels. Comme je lis la Bible alors que je ne suis pas chrétien ou le Talmud et le Coran alors que je ne suis ni juif ni musulman”.
Source : Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin, pour BFM TV, le 9 mars 2015.

[Ça commence] 5 sites censurés en France pour apologie du terrorisme




Eh bien voilà, cela aura commencé comme ça. Notez qu’on s’est très bien passé d’une telle loi depuis des décennies…
Des petits sites censurés sans avis d’un juge – oh, ceux-ci sont sans doute bien “pro-islamistes”.
C’est comme pour l’infraction pénale : on a vu que les députés ont voté une loi visant les tentatives de recrutement par des types d’Al Qaeda, et qu’au final on  a eu des mois de prison ferme pour des alcooliques criant “Vive Kouachi” à 2 flics dans une rue déserte…
Alors c’est quoi, au fait le “terrorisme”, ou, plus précisément, ça commence où et ça s’arrête où ?
Genre, si je disais “Vive(nt) les résistants du Dombass”, comme ils sont considérés comme des “terroristes” par le gouvernement ukrainien que nous soutenons, cela pourrait-il valoir suspension du site les-crises.fr sans l’avis du juge, par le bon désir de Vallssolini?
Réponse dans les prochaines années…
Les autorités ont bloqué pour la première fois des sites, considérés comme faisant l’apologie du terrorisme, sans demander l’avis d’un juge.
Il aura fallu 38 jours pour que la censure du web français se mette en place. Cinq sites internet, considérés comme faisant l’apologie du terrorisme, sont désormais bloqués, annonce le ministère de l’Intérieur, lundi 16 mars.
Les sites visés sont alhayatmedia.wordpress.com (lié à l’Etat islamique), jihadmin.com, mujahida89.wordpress.com, is0lamanation.blogspot.fr, et islamic-news.info. La plupart de ceux-ci restent néanmoins accessibles ce lundi, le dispositif étant “en rodage”, selon le ministère.
A terme, lorsqu’un internaute situé en France tentera d’accéder à l’un d’entre eux, il se verra redirigé vers une page du ministère de l’Intérieur affichant une main rouge et le message :
Vous avez été redirigé vers ce site officiel, car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme.”
Notez au passage que, évidemment, ce n’est JAMAIS la politique étrangère française qui “provoque à des actes de terrorisme”
P.S. c’est très très mal le terrorisme, le site les-crises.fr le condamne sans aucune ambiguïté – me mettez pas en prison sivoplémerci, vive Charlie.
Ce blocage est encadré par un décret, relevant de la loi de “lutte contre le terrorisme” adoptée en septembre dernier. Il prévoit que l’Office central de lutte contre la cybercriminalité (OCLCTIC) peut demander aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer sous 24h une liste de sites désignés comme faisant “l’apologie du terrorisme“. Le tout sans l’intervention d’un juge, même si la liste est validée par l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT).

Un site “d’information musulman”

Le site spécialisé Next INpact a dévoilé le nom du premier site bloqué : islamic-news.info. Impossible de savoir précisément quels sont les propos incriminés pour celui-ci.
J’aime “les valeurs de la République socialiste”
Le ministère de l’Intérieur rend inaccessible la consultation, sans pour autant la motiver. Selon le journaliste de RFI David Thomson, il s’agit d’”un site pro-jihad assez peu influent“.
Le site islamic-news.info en janvier 2014Le site islamic-news.info en janvier 2014 (Capture d’écran)
Le site se présente comme “un site d’information musulman qui se concentre en particulier sur les territoires dits ‘islamiques’”. Dans sa page de description, il poursuit sur “son objet”, soit “fournir une information détaillée de l’actualité du monde musulman ainsi que des explications d’ordre politique et historique”. Avant de préciser :
Ce site d’information n’est en aucun cas partisan d’un quelconque groupe, organisation ou mouvement politique, religieux, civil ou armé. Ceci étant, nous considérons qu’il est de notre droit de dénoncer la manipulation, même lorsqu’elle concerne des organisations classées comme ‘terroristes’ à l’image d’Al-Qaïda, de l’Etat islamique ou des Frères musulmans. Le fait de réfuter des affirmations s’attaquant à ces organisations ne peut en aucune manière signifier une adhésion de notre part à celles-ci ni même faire la promotion de leurs idées et actes.”
Le site est enregistré au nom de la société Islamic News Media, prétendument localisée à Bruxelles (Belgique). Néanmoins, impossible d’en trouver trace sur les pages jaunes belges. De plus, le numéro indiqué lors du dépôt du nom de domaine est un faux.

“Nous ne nous laisserons pas intimider”

Contacté par Next INpact, le gestionnaire du site islamic-news.info a promis une réponse. “Tout ce que nous pouvons vous dire pour le moment, c’est que nous ne nous laisserons pas intimider”, a indiqué l’éditeur du site.
Concernant les autres sites bloqués figure celui d’al Hayat Media Center, une branche du groupe État islamique chargée de sa communication, et le “Mujahida89″ qui se présente comme “terroriste de naissance” et “partisan à 100% du djihad“. Tous deux étant hébergés par la plateforme de blogs gratuite WordPress.
Les sites d'al Hayat Media Center et le blog Mujahida89Les sites d’al Hayat Media Center et le blog Mujahida89 (Capture d’écran)
De nombreux autres sites devraient suivre puisque l’OCLCTIC a fait savoir, lors de son audition au Sénat, qu’il a dans son viseur une cinquantaine de sites web djihadistes.
Je pense qu’ils sous estiment grandement l’effet Streisand et la capacité de riposte, ils vont devoir censurer des milliers d’adresses assez rapidement….
Boris Manenti
La page de redirection du ministère de l’Intérieur :
La page de blocage du ministère de l'Intérieur (Capture d'écran)
Avez vous noté l’orwellique : “Pourquoi ? Pour protéger les internautes“…
Ils vont me faire virer libertarien à force…
Source : L’Obs, 16/03/2015

samedi 14 mars 2015

Manouel est un crétin


"Manuel Valls est un crétin" : passe d'armes entre Michel Onfray et le Premier ministre

Le philosophe reproche au Premier ministre d'avoir déformé ses propos tenus dans une interview fin février. Retour sur la polémique.

Michel Onfray et Manuel Valls se sont déchirés par médias interposés, les 8 et 9 mars 2015.
Michel Onfray et Manuel Valls se sont déchirés par médias interposés, les 8 et 9 mars 2015. (MAXPPP)



Michel Onfray et Manuel Valls se déchirent par médias interposés. Le philosophe et le Premier ministre, qui se réclament de la gauche mais ne partagent pas la même vision de ce terme, se sont livrés à une passe d'armes dimanche 8 et lundi 9 mars. Au cœur des débats, une interview de Michel Onfray dans laquelle il dit préférer "une analyse juste" de droite "qu'une analyse injuste" de gauche. Retour sur cette polémique en trois actes.

Acte 1 : Onfray sème le trouble dans "Le Point"

"Les Papous vont hurler !" Michel Onfray est conscient de s'aventurer en terrain miné, dans une interview au Point daté du 25 février. "Je préfère une analyse juste d'Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL", dit-il. Alain de Benoist, essayiste et journaliste, est un ancien militant d'extrême droite. Figure de la Nouvelle Droite, il assure toutefois "n'avoir jamais voté pour le Front national", rappelle Le Monde.fr
Dans son interview au Point, Michel Onfray tape à bras raccourcis sur une partie de la gauche, incarnée notamment par Manuel Valls. Le fondateur de l'Université populaire de Caen, qui se réclame de la gauche de 1981 contre celle du "tournant de la rigueur" de 1983, reproche aux socialistes d'avoir abandonné leurs idéaux sur de nombreuses thématiques, comme l'école, l'emploi ou les inégalités femmes-hommes. 

Acte 2 : Manuel Valls lui reproche de "perdre les repères"

Manuel Valls répond à ces accusations lors d'un entretien à Europe 1/i-Télé/Le Monde. Le Premier ministre accuse Michel Onfray de "perdre les repères" et de préférer l'intellectuel de la Nouvelle Droite à Bernard-Henri Lévy.
"Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu'Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle Droite dans les années 70 et 80, qui d'une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l'Horloge, le Grece, (...) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu'on perd les repères", dénonce le Premier ministre. "Dans ce moment-là, mon rôle, le rôle des formations politiques, c'est de faire en sorte qu'on comprenne quels sont les enjeux", a-t-il confié.

Acte 3 : Onfray qualifie le Premier ministre de "crétin"

Le philosophe n'apprécie pas l'interprétation que donne Manuel Valls de son interview au Point"Manuel Valls, l'ami de BHL, perd les pédales ! réagit le philosophe dimanche après-midi, dans un communiqué. S'il faut une explication de texte à Manuel Valls (...) je disais que, moi qui suis de gauche, je préférais une idée juste, fût-elle de droite, à une idée fausse même si elle est de gauche, surtout si elle est de gauche. Quel philosophe, quel citoyen même, pourrait soutenir le contraire d'ailleurs, sauf à préférer l'erreur et le faux pour des raisons idéologiques ?" se défend-il, accompagnant cette explication d'un tweet incendiaire.

Invité d'Europe 1 lundi matin, il confirme l'emploi du mot "crétin" pour qualifier le Premier ministre. "J'ai vérifié dans le dictionnaire, ça s'appelle un crétin. Ce n'est pas insultant, c'est familier."