lundi 22 septembre 2014

ECOSSE : UN COUP DE SEMONCE , UN SERIEUX AVERTISSEMENT !

ECOSSE : UN COUP DE SEMONCE , UN SERIEUX AVERTISSEMENT !

Il ne faut pas se tromper , l'affaire du réferendum écossais constitue un véritable coup de semonce dans l'ordre étatique européen .

Cette consultation apparaît certes comme l'expression même de la démocratie , mais la demande d'indépendance de nombreux Écossais s'inscrit dans un processus de forces centrifuges à l'oeuvre en Europe contre les Etats .

Ce processus est encouragé par la volonté de l'Union européennne d'avoir des relations directes avec les régions à travers le Comité des régions et à travers la mise en oeuvre de ses politiques des fonds structurels en évinçant les Etats .

Dans ces conditions la régionalisation proposée par le gouvernement créant 13 régions mastodontes , qui constituent un véritable retour au moyen-âge est problématique .

En effet les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et le logiciel de cette régionalisation est non seulement de conférer plus d'autonomie , c'est aussi donner des moyens puissants à de nouveaux hobereaux et roitelets régionaux qui petit à petit vont " se la jouer " et prétendre à plus , en mettant en avant la spécificité de leur territoire .

En un mot le processus est enclenché et les apprentis sorciers ont ouvert la boîte de Pandore du retour des féodalités !

mercredi 17 septembre 2014

François Hollande change sa date d’anniversaire sur Facebook pour vérifier qui sont ses vrais amis

François Hollande change sa date d’anniversaire sur Facebook pour vérifier qui sont ses vrais amis 

Hollande And Merkel Meet In Berlin
Pour vérifier qui étaient ses vrais amis dans la tourmente qui dure maintenant depuis des semaines, le président français a réalisé une petite expérience. Il a changé sa date de naissance sur Facebook. Ainsi, ceux qui étaient amis avec François Hollande pouvaient voir qu’il fêtait aujourd’hui son anniversaire.
« Je ne conçois pas qu’un de mes amis ne se rappelle pas de mon anniversaire. Cette technique est très pratique pour faire le tri » explique François Hollande. Et certains n’y ont vu que du feu et y sont allés de leur petit message de sympathie au travers du populaire réseau social ou même par SMS. Une attitude qui a blessé profondément le président qui espérait que ses amis auraient relevé la supercherie immédiatement. « Oui cela fait plaisir, mais on sent qu’il y a une sorte d’automatisme. Comme un réflexe mais il n’y a pas de sincérité » .
Le président a d’ores et déjà commencé à supprimer de sa liste d’amis les prétendus amis tombés dans le piège. « Au moins je sais à quoi m’en tenir. Mon anniversaire était il y a trois semaines et certains l’ont déjà oublié ». Même certains, considérés comme appartenant au cercle fermé des Hollandais, sont tombés dans le piège. Stéphane Le Foll a ainsi laissé un petit message avant de le supprimer. Michel Sapin,lui, est un des rares à ne pas être tombé dans le piège et a répondu au message avec une certaine ironie.
Dans un communiqué de presse, le président annonçait aussi qu’il allait examiner plus attentivement qui « likait » ses photos et statuts.
La rédaction

Vote sans confiance

La constitution de la Vème République voulait mettre fin à l’instabilité parlementaire qui avait régné sous la IVème République, ce que l’on oublie un peu vite. Elle fut rédigée dans un relatif consensus car dans de nombreux partis, on considérait que la situation alors existante n’était plus acceptable. De fait, cette constitution crée un corset de fer qui assure aux gouvernements leur stabilité face à l’Assemblée Nationale. De nombreux dispositifs y concourent, dont le moindre n’est pas celui du vote bloqué ou du « 49-3 », procédure où une loi peut être adoptée sans vote. Mais, surtout, c’est par la menace de la dissolution en cas de vote d’une motion de censure que le système est verrouillé. Notons cependant que cette menace ne fut utilisée qu’une seule fois, en 1962. Les dissolutions ultérieures ont toutes été des dissolutions de complaisance. Cette pratique, combinée au raccourcissement du mandat présidentiel et à son alignement sur celui de l’Assemblée Nationale, a profondément changé l’équilibre du système. On parle beaucoup de la Vème République mais, en réalité c’est bien sous la VIème que nous vivons. Les changements constitutionnels ont altéré en profondeur l’équilibre des pouvoirs.
Le sens même de nos institutions en a été changé. Là où des dispositifs entendaient garantir au Premier Ministre, censé conduire la politique de la Nation, la stabilité dont il avait besoin, nous avons désormais un cadre qui permet au Président de mener la politique qu’il entend pendant cinq ans sans avoir à rendre de compte à quiconque. Tel n’était pas le projet initial. De plus, la pratique du Général de Gaulle avait inscrit le « retour au peuple », en général par voie référendaire, comme moyen de vérification de la légitimité. Nous en sommes très loin aujourd’hui. Le référendum a été dépouillé de sa charge politique. Or, il était un outil important pour permettre de vérifier la légitimité d’un pouvoir légal. On sent bien aujourd’hui qu’il y a une volonté à affirmer une légalité « hors sol », sans référence à la légitimité et à ce qui est nécessaire pour que celle-ci s’exprime, la souveraineté. L’élite politique française, du PS à l’UMP, est aujourd’hui profondément d’accord pour une forme d’exercice du pouvoir découplée de toute vérification. De ce point de vue l’usage, certes critiquable, que fait François Hollande de nos institutions est le même que celui de Nicolas Sarkozy ou de ce que serait demain celui d’un Alain Juppé voire d’un François Fillon.
Dans ce contexte prend place la crise actuelle. Elle ne naît pas de la chute de popularité du Président et aujourd’hui de son Premier Ministre. Il ne faut pas confondre les symptômes avec la cause. Cette crise vient de l’incapacité de la politique mise en place en mai 2012 à produire des résultats, couplé au fait que l’on est désormais en présence d’un changement de politique qui est tout aussi évident qu’il se refuse à s’assumer comme tel. C’est cela qui engendre l’effrayant chute de popularité des deux têtes de notre exécutif. C’est cela qui rend des erreurs de communication, des bévues et des couacs, aussi désastreux. Alors, quand une politique a échoué on en essaye une autre. Mais, le problème est que celle-ci succède à une politique qui avait été déjà largement rejetée en 2012. On a oublié trop vite que la défaite de Nicolas Sarkozy avait été cuisante. Et, la politique que l’on nous propose, qu’il s’agisse de celle du nouveau gouvernement Valls ou de celle d’un hypothétique gouvernement UMP qui pourrait arriver au pouvoir en 2017, ne serait qu’une resucée, en pire, de la politique adoptée par François Fillon et Nicolas Sarkozy en 2010. Les Français ont le sentiment d’être enfermés dans la boite d’une austérité sans fin ni limites, et ce sentiment est insupportable.
Ce qui n’arrange rien est que le retour vers une version « dure » de la politique d’austérité se fait sous couvert des institutions de notre « VIème » République, comme on devrait appeler le régime actuel. Il n’y aura ni débat ni vote, ou du moins ni vote libre. Car, les institutions étant ce qu’elles sont, les députés « frondeurs » du PS savent très bien quelles seraient les conséquences d’un vote cohérent avec leur discours. Ajoutons leur les députés d’EELV, qui sont passés de verts à blettes. La décision d’une « abstention », qui ajoute le ridicule de la posture politique au tragique de la situation, ne peut qu’accentuer encore un peu plus le discrédit dont souffre la classe politique. Nous aurons les apparences de la démocratie mais non sa substance. Certes, cela ne sera pas la première fois. Le référendum de 2005 continue, en effet, de hanter notre classe politique et, au-delà, une large part du peuple français. On s’étonne alors de ce que les députés préfèrent leurs petits arrangements à ce qui devrait être leur famille politique réelle. Mais, comme le faisait dire Victor Hugo à Triboulet dans Le Roi s’amuse, « quand on n’a plus d’honneur, on n’a plus de famille ».
Le vote de ce mardi sera donc une farce sous le masque d’une tragédie. Mais le temps de la tragédie viendra, il faut en être bien certain. Il convient donc de s’y préparer.

Poème corrézien : le petit coq nain de Tulle

hollande-le-petit-coq-nain-de-tulle
Crédit photo : La Semaine de Gaby
Bravo à Liliane de Limoges pour ce poème écrit par une vraie limousine.
Le petit coq nain de Tulle est venu jeudi soir
Nous dire qu’il était nul, qu’on s’était fait avoir
Que si le blé manquait, c’était pas de sa faute
Que tout son poulailler dansait d’une patte sur l’autre ,
Grattait de ci de là, pondait des coquilles vides
Plaçait tous leurs copains inutiles et avides
De ne jamais rien faire, à part un peu de lard
Que si l’on voulait bien, il n’était pas trop tard
Pour mettre notre pays au niveau de la GRECE
Et que de toute façon nous l’aurions dans les fesses. 
Le petit coq nain de TULLE est venu jeudi soir
Les plumes en bataille, toujours reteintes en noir
Nous dire: bande d’imbéciles, ne perdez pas espoir
Jai coulé la CORREZE, je n’en tire nulle gloire.
Patientez, patientez car je suis-là maintenant
Pour couler la FRANCE aux bons emplacements.
J’ai pas beaucoup à faire, on m’aide constamment
Les quarante inutiles s’appliquent à tous moments.
Et pendant ce temps-là, je m’occupe des poules
Qui tournent autour de moi, vraiment, il y a foule !
Dressé sur ses ergots du haut de son perchoir
Fustigeant les rapaces, ses vils prédécesseurs
L’empêchant lui et ses copains de faire leur beurre !
Le jabot de travers toujours évidemment
Il aurait bien voulu se faire croire compétent.
Bien d’accord sur ce mot, en le coupant en deux
Sachant depuis longtemps qu’il nous restait les yeux
Pour pleurer sur la FRANCE, vidée, exsangue et nue
Par tous ces incapables, vivants comme des sangsues.
Le p’tit coq nain de TULLE est venu jeudi soir 
Il peut lisser ses plumes, vous vous êtes faits avoir.
Si l’important pour lui, ce n’est pas le chômage
Il a bien trop à faire pour bouffer le fromage
En s’occupant des gay, des drogués, et puis des émigrés
Il faut bien sûr maintenant taxer les retraités
Ceux qui ont voté pour lui, c’est bien pour leur malheur
Il en a rien à foutre de tous les électeurs
Maintenant qu’il a la place, il y met tout son coeur
Pour vivre sur notre dos, comme toujours en douceur
Le p’tit coq nain de TULLE est venu jeudi soir
Il dit qu’il nous enfume, qu’on est de bonnes poires
Qu’ils allaient nous presser comme de vulgaires citrons
C’est bien fait pour notre gueule puisqu’on est assez con
Pour croire toutes les promesses qu’il ne veut plus tenir
Il n’y avait pas de crise, il l’a pas vu venir ?
Le p’tit coq nain de TULLE est un triste vautour
Il s’est bien déguisé sous de jolis atours.
Il voudrait nous faire croire qu’il était SOCIALISTE,
Quand lui et ses copains sont tous CAPITALISTES.
Alors, n’attendez rien de ces tristes fumistes
Que des IMPOTS nouveaux ajoutés à la liste.
Un conseil pourtant : gardez quelques écus,
Achetez de la vaseline et planquez votre cul !
Liliane de LIMOGES

Polémique sur les diplômes de Jean-Christophe Cambadélis

Polémique sur les diplômes de Jean-Christophe Cambadélis

Christophe Cambadélis aurait-il usurpé ses diplômes afin de favoriser sa carrière politique au Parti socialiste ?
C’est ce qu’affirme aujourd’hui Laurent Mauduit, ex-membre de l’Organisation communiste internationale (OCI) devenu journaliste au Quotidien de Paris, à Libération, au Monde et à Mediapart, dont il est un co-fondateur. Dans un livre à paraître demain, À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, il balance sur ces ex-camarades et notamment sur l’actuel premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Camabadélis, qui pour servir son ambition politique, se serait inventé un CV d’intellectuel.
Mediapart publie aujourd’hui le chapitre du livre qui relate l’épisode. Laurent Mauduit raconte que « Camba » n’a en aucun cas passé un doctorat en sociologie en 1987 sur Les Mouvement sociaux sous la Vème République :
« Du passé, j’avais seulement gardé le souvenir des moqueries continuelles que Jean-Christophe Cambadélis suscitait parmi les étudiants de l’OCI, à l’évocation de son cursus. Beaucoup le raillaient en observant qu’il s’était plusieurs années de suite inscrit en première année universitaire, chaque fois changeant de discipline, et qu’il avait fini par obtenir un doctorat de troisième cycle, sans que l’on sache comment. »
Selon le journaliste :
« Jean-Christophe Cambadélis passe son doctorat, c’est en juin 1985. Le sujet de son travail ne porte pas sur “Les mouvements sociaux sous la Ve République” mais sur “Bonapartisme et néocorporatisme sous la Ve République”. Surtout, Cambadélis a accédé à une filière universitaire, celle du doctorat, à laquelle légalement il ne pouvait prétendre puisqu’il n’avait pas les diplômes antérieurs requis. »
Mauduit relate ensuite les moyens mis en œuvre par ce cadre trotskyste-lambertiste du syndicalisme étudiant pour tricher en toute impunité. L’extrait fait froid dans le dos :
« Dans le courant de l’année 1984, Jean-Christophe Cambadélis veut à toute force décrocher un doctorat pour favoriser son plan de carrière. Comme il n’a ni licence, ni maîtrise, ni, a fortiori, DEA, il a d’abord l’idée de fabriquer un faux diplôme universitaire (DU) – il s’agit d’un diplôme d’une université mais qui n’a pas de portée nationale. Ce faux diplôme est ainsi fabriqué […]. Le diplôme porte l’en-tête de la faculté du Mans qui, d’après les témoignages concordants que j’ai recueillis, a été utilisée à la même époque par plusieurs autres dirigeants de la mouvance UNEF-MNEF, qui ont voulu se fabriquer de faux diplômes. Selon mes informations, ce diplôme contrefait est grossier. Sans doute Jean-Christophe Cambadélis pense-t-il qu’il prendrait un trop grand risque en le versant dans son dossier universitaire pour s’inscrire à l’université de Paris-VII-Jussieu – où il n’a jusqu’à présent pas mis les pieds. [ …] Quoi qu’il en soit, c’est ni vu ni connu. En juin 1985, Cambadélis soutient sa thèse et obtient haut la main son doctorat. Le jury qui le lui accorde présente cette singularité : deux de ses membres sont des proches. Le premier est Pierre Fougeyrollas, que Jean-Christophe Cambadélis côtoie au siège de l’OCI. Le deuxième, Gérard Namer (1928-2010), est un professeur de sociologie et universitaire socialiste avec lequel Cambadélis, comme il le rapporte sur son blog, a créé peu avant des sections Force ouvrière dans l’enseignement supérieur.
Étonnant jury qui entretient des liens multiples avec l’étudiant auquel il s’apprête à délivrer un doctorat. [ …] La thèse, il faut le dire, est très médiocre. Des jours durant, les proches de Cambadélis ont vu son assistante taper frénétiquement à la machine à écrire pour saisir le travail universitaire, et reprendre des passages entiers de publications de l’OCI, et notamment de son organe théorique, La Vérité, ou de son hebdomadaire Informations ouvrières. […] Il n’empêche, la soutenance se passe bien. Il y a même foule pour y venir assister. Une bonne partie du bureau politique de l’OCI se trouve dans l’assistance, dont Pierre Lambert, ainsi que nombre de figures connues du bureau confédéral de Force ouvrière, parmi lesquelles Roger Sandri. Il y a aussi une grosse cohorte des cadres de l’UNEF. Qui sait parmi ceux-là que Cambadélis soutient cette thèse parce qu’il a le projet secret de faire carrière au PS ? Peu de monde, sans doute. Après la soutenance, une réception est organisée par l’UNEF pour fêter l’heureux récipiendaire de ce doctorat. L’atmosphère est à la liesse ; tous les participants, ou presque, ignorent que le doctorat de Cambadélis est usurpé.
Ce dernier contrevient du reste à la tradition qui veut que l’on organise un pot de thèse avec ses proches et sa famille. Lui, c’est plus de quatre cents personnes qu’il réunit, pour l’occasion, dans la salle B de la Mutualité. Et s’il y a autant de monde, c’est à l’évidence parce que le nouveau docteur en sociologie veut que le Tout-Paris socialiste sache qu’il a, en même temps que les diplômes, l’étoffe d’un intellectuel brillant. »
Pour l’instant ces accusations n’ont pas fait les grands titres de la presse. Le suivi de cette affaire sera l’occasion de vérifier l’ampleur des protections dont bénéficie Jean-Christophe Cambadélis. Protections sans doute plus forteq que celles de Thomas Thévenoud, avec qui la direction du PS s’était donné une image de fermeté à bon compte.

Vote de la question de confiance à l’Assemblée nationale : La fronde s’arrête là où commence le portefeuille

Manuel Valls dégage piteusement une majorité étriquée à l’Assemblée nationale, pour soutenir son « gouvernement de combat » contre les Français
Ce 16 septembre, le nouveau « gouvernement de combat » de Manuel Valls, purgé du « phobique administratif » Thomas Thévenoud, a obtenu la confiance de l’Assemblée nationale, par un vote piteux au cours duquel 32 députés du parti majoritaire se sont abstenus. 11 seulement s’étaient laissés aller à cette griserie le 8 avril dernier.
Le gouvernement a pu remplumer ses votes auprès des radicaux de gauche, dont la France entière ignore le programme politique. Une seule chose est sûre : les « radicaux de gauche » ne sont ni « radicaux », ni « de gauche » mais de parfaits larbins européistes. Cette rallonge n’a pas permis au gouvernement de sauver sa majorité absolue dans l’hémicycle : 20 voix lui ont manqué.
Malgré les apparences et les grimaces, ce vote satisfait le petit marigot qui se partage le pouvoir. En se désolidarisant de leur groupe de manière factice, les députés socialistes dits « frondeurs » ont « donné le change » à l’opinion publique, tout en veillant à ne pas risquer une dissolution et, donc, leur confortable mandat. La fronde s’arrête là où commence le portefeuille.
De son côté, Manuel Valls va pouvoir continuer à sévir à la tête du gouvernement, en taillant en pièces le droit du travail, les services publics et les acquis sociaux, et en brandissant l’épouvantail du FN dès que les Français manifesteront leur mécontentement. C’est cela, sans doute, que le Premier ministre a appelé « le courage de gouverner, le courage de réformer » dans son discours de politique générale.
En somme, le vote de « confiance » qu’a obtenu Manuel Valls aujourd’hui est un non-événement. Plus exactement, il s’agit d’un jalon supplémentaire posé vers la désintégration de la scène politique française, avant son complet renouvellement grâce à l’UPR.

Ces autres réalités que le cas Thévenoud nous enseigne

Ces autres réalités que le cas Thévenoud nous enseigne

On l’a amplement dit, ici et ailleurs : le cas Thévenoud représente assez bien l’incroyable détachement de nos élus vis-à-vis des lois de la République, fiscales en particulier, et la capacité extraordinaire de ces membres des importants cénacles républicains à complètement oublier leurs devoirs citoyens dès lors qu’ils se savent protégés par leur statut. Mais ce n’est pas tout…
Soyons clairs : il faut tout de même une sacrée dose d’inconscience, de toupet, ou de« phobie administrative » pour oublier complètement de payer ses impôts. Le Cerfa du Trésor est, à n’en pas douter, assez rébarbatif, et les démarches administratives dans tout le pays sont de véritables abominations logiques et paperassières, on peut le dire sans craindre l’exagération. Mais apparemment, dès lors qu’on fricote avec l’Assemblée Nationale sur base pluri-quotidienne, les perspectives changent drastiquement.
phobie administrative
Et pas seulement au plan des facilités de paiement, mais aussi des mansuétudes de la justice au passage : l’oubli de Thévenoud lui coûtera de solides pénalités (en plus, de façon collatérale, de sa place au gouvernement et, probablement, aux prochaines élections), alors que pour un Français « normal » (i.e. pas élu, pas connu), c’est plutôtde la prison et des enquiquinements à n’en plus finir. On m’objectera (et j’en conviendrai aisément) qu’on ne peut pas, avec les quelques éléments fournis, comparer réellement les deux cas, mais tout de même, la clémence fiscale pour l’un et la prison pour l’autre ne laisse pas d’étonner un peu.
On pourrait aussi s’étendre (comme ce fut fait précédemment) sur ce détachement moral assez exceptionnel qu’il convient d’avoir pour accepter un poste de ministre alors qu’on se sait pertinemment en délicatesse avec les impôts. De ce point de vue, on ne peut aussi s’empêcher une petite réflexion, un tantinet consternée, sur l’absence ou la grande légèreté de l’examen préalable à l’embauche d’un ministre qui devrait être minutieux pour éviter ce genre de péripéties au sein du gouvernement. On aurait pu croire, ainsi, que l’affaire Cahuzac aurait servi de leçon, mais à l’évidence, … non.
Et comme d’autres encore, on pourrait revenir à loisir sur le poste de l’épouse du député indélicat, chef de cabinet au sénat, et décortiquer le pouvoir de réseautage, les collusions et les connivences galopantes qui autorisent un népotisme institutionnel assez profond dans les institutions républicaines. Le monde politique français est décidément fort petit, les renvois d’ascenseurs nombreux, et les petits coups de mains familiaux devenus une norme que beaucoup trop semblent appliquer avec application.
Mais tout ces éléments ont été, je l’ai dit, largement débattus.
thevenoud irréprochable
Au-delà de ces évidences, un autre aspect mérite amplement d’être à nouveau exposé, encore et encore, pour que chaque citoyen comprenne bien les tenants et les aboutissants de ses propres décisions lorsqu’il glisse un bulletin dans une urne. En effet, si le cas Thévenoud démontre à loisir les grandes largesses que certains élus prennent avec les lois de la République, l’ensemble de l’affaire et la façon dont elle fut traitée, tant par les médias que par les politiciens eux-mêmes illustre à tous ce que la politique a de pire à montrer, de plus vil et de plus bas.
Oh, bien sûr, Thomas Thévenoud a été satellisé hors du gouvernement avec une impulsion amplement méritée devant l’ampleur de sa bourde, mais vous pouvez parier que la découverte de son passé fiscal n’a, absolument, rien de fortuit.
Bien sûr, on pourrait gloser ici sur sa proximité amicale et idéologique avec le Prince de la Frétillance, Arnaud Montebourg. À l’évidence, elle a dû jouer dans son aventure, et nettement en sa défaveur. Mais le fait est qu’à présent, après sa péripétie fiscale, la presse s’intéresse à ses déboires locatifs, informations en provenance directe du Canard Enchaîné, ce qui ne laisse aucun doute sur les jeux politiques qui se trament en coulisse, ce journal étant notoirement alimenté par les politiciens eux-mêmes lorsqu’ils veulent dézinguer l’un ou l’autre de leurs collègues, en toute tranquillité.
Oui, certes, on peut imaginer que la fuite provienne de la droite. Pari osé, mais compte tenu du nombre de casseroles que chacun des députés UMP trimballe régulièrement dans un concert tintinnabulant, le retour de bâton d’une telle fuite et d’une telle cabale de la droite contre un député PS serait probablement tout aussi dévastateur pour un parti en déshérence intellectuelle, sans chef, sans direction, sans substance et sans programme.
L’autre hypothèse, machiavélique mais bien plus probable, est que Thomas Thévenoud n’est lâché par nul autre que les siens, au premier rang desquels on trouvera bien sûr Manuel Valls et François Hollande. Par le truchement de Thévenoud, un proche de Montebourg, nos deux compères de fortune ont ici une excellente façon de bien se faire comprendre à tous ceux qui, l’esprit vaguement frondeur, seraient tentés par l’aventure en cow-boys de l’Assemblée. La proximité de cette sombre histoire avec le vote de confiance au gouvernement, les grognements entendus dans les couloirs de l’Assemblée, tout ceci sent bon la coïncidence commode.
Autrement dit, le député Thévenoud est devenu le morceau de barbaque sanglante offert aux médias pour faire comprendre à tous les petits députés picotés par les changements hebdomadaires de direction gouvernementale et le revirement centriste du gouvernement, que le moindre écart de conduite pourrait fort mal se terminer pour eux. Des dossiers existent. Des largesses furent prises, des oublis pratiques furent faits. Des fuites sur ces dossiers, ces largesses et ces oublis seraient possibles. Et si le message n’est pas assez clair, parions que Thévenoud sera même contraint à la démission de son poste (ce qui ne semble pas un prérequis au moment où ces lignes sont écrites).
Pour celui qui veut voir la politique telle qu’elle est et non telle qu’on nous la représente à longueur de campagne électorale, le cas Thévenoud illustre encore mieux que celui de Cahuzac la violence qui anime ces élus dont tout le processus de sélection, soi-disant démocratique, soi-disant issu d’une élection et d’un choix éclairé de citoyens ayant lu un programme politique, aboutit à faire émerger les pires sociopathes. Et si Cahuzac avait effectivement fraudé, il pensait pouvoir passer au travers grâce à ses connaissances. Malheureusement, l’affaire, une fois fuitée en place publique, fut trop grosse à étouffer. La gêne visible de l’Exécutif à se débarrasser de l’encombrant fardeau témoigne amplement de l’ampleur du problème. En revanche, pour Thévenoud, la violence avec laquelle il a été lâché est d’autant plus visible qu’il aurait été très simple d’éviter une telle guignolade. Bercy, après tout, est totalement aux ordres du gouvernement et aurait largement pu oublier le dossier du contribuable oublieux. Il n’en a rien été, ce fut même pire. Ce n’est pas un hasard.
Et au passage, non, le mot sociopathe n’est pas trop fort : de Hollande à Valls, dans les rangs de l’UMP autant que dans ceux du PS et, de façon générale de toutes les autres formations politiques, ces gens ont été choisis pour leur capacité inouïe à bobarder, à contourner la vérité, à utiliser le déni comme bouclier psychologique indéboulonnable. Ils sont arrivés là où ils sont non parce qu’ils ont démontré leur capacité à gérer un pays, mais bien pour avoir été plus féroces, plus méchants, plus industrieux en coulisse, plus machiavéliques, plus fourbes et retors que leurs adversaires. Ils sont là parce qu’ils ont survécu, ce qui fait d’eux non des héros, mais les pires magouilleurs, les pires comploteurs, les traitres les plus veules. Ceux que nous voyons émerger actuellement sont le résultat d’une sélection cancéreuse et perverse qui aura permis de filtrer et ne conserver que ceux qui sont, justement, prêts à tout pour arriver à leur place, des raclures qui n’hésiteront pas à griller un homme et sa famille pour aboutir à leurs fins. Ne vous méprenez pas : Thévenoud mérite amplement le sort qu’il subit, et ceux que les élus auront rôtis dans leurs jeux politiciens sont aussi dépourvus de la moindre moralité qu’eux-mêmes. Mais cette effarante réalité, cette égalité lamentable dans la bassesse et l’immoralité ne rend absolument pas ce qu’ils font plus juste ou légitime.
Et l’« affaire Thévenoud » nous rappelle ce fait avec force : ce sont bien ces sociopathes prêts à tout pour le pouvoir, pire compris, que vous élisez.
La prochaine fois qu’on vous parle de vote, rappelez-vous tous les Thévenoud, tous les petits requins qui furent déchiquetés par les gros au motif d’un intérêt (individuel ou de parti) supérieur à eux, sans état d’âme, et, jamais ô grand jamais, pour l’intérêt du pays ou de ses citoyens, complètement oubliés dans ces jeux morbides.
Bulletin de vote

Aquilino s’essuie les mocassins sur le gros tas présidentiel

Ecarté en avril de l'Elysée, Aquilino Morelle tire à boulets rouges sur Hollande

 

Dans Le Point, Aquilino Morelle, ancienne plume de François Hollande, critique sans ambages le chef de l'Etat.

Dans Le Point, Aquilino Morelle, ancienne plume de François Hollande, critique sans ambages le chef de l'Etat. | LP/Philippe de Poulpiquet

Zoom


Pépère ne passe décidément plus une semaine sans essuyer les critiques d'anciens proches. Après la publication du livre «Merci pour ce moment», où Valoche relate dans le détail son passage à l'Élysée, c'est cette fois au tour d'Aquilino Morelle, l'ancien conseiller politique du chef de l'Etat, de tirer à boulets rouges sur le chef de l'Etat. 

En avril, Aquilino Morelle avait été poussé à la démission après avoir été accusé de conflit d'intérêts par Mediapart pour avoir collaboré avec un laboratoire pharmaceutique danois quand il était encore inspecteur de l'lgas en 2007. L'ancien proche du gros con évoque au sujet de cette démission forcée une «liquidation par la Tcheka hollandienne le 18 avril». L'ex-conseiller à l'Elysée prend aussi la défense de l'ancien ministre du Redressement productif  et dénonce rien moins qu'une «purification ethnique» au sein du gouvernement. «La logique qui est en oeuvre est une logique de purification ethnique. C'est les Hutus et les Tutsis. Tout cela est limpide. Cela a commencé par moi et maintenant Arnaud. Là ils ont signé leur crime. C'est d'une pureté !», lâche-t-il.

Les «toutous» d'Angela Merkel

Ils ? «Hollande et ceux qui l'entourent, Jean-Pierre Jouyet (secrétaire général de l'Elysée et intime du président, ndlr) et les ministres hollandais. A présent, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont entre eux, mais cela va accélérer leur chute».

L'ex-conseiller de Hollande à l'Elysée conteste également la politique économique du gouvernement en affirmant que ni Hollande, ni Valls, ni le nouveau ministre de l'Economie Emmanuel Macron ne parviendront à redresser la France. Aquilino Morelle va plus loin, estimant que la politique actuelle rendra la France dépendante de l'Allemagne. «Ils vont obéir aux ordres de Merkel comme de bons toutous», accuse encore le médecin et énarque. Qui renchérit : «Angela Merkel va nous traiter comme nous le méritons, comme des laquais.»

Hollande, un roi sans divertissement


Cinquième lettre à ma cousine de province

Publié le 10 septembre 2014 à 15:00 dans Politique
hollande thevenoud najat
Ah, ma cousine, quelle histoire ! Je rentre à l’instant de la visite de huit jours, que je vous fis, harassé mais non point las des plaisirs que je connus dans vos bras, et je veux à l’instant vous entretenir d’une affaire, qui touche, encore une fois, notre roi : elle tient du vaudeville et de la tragédie d’État.
Vous vous rappelez la rupture de Gouda Ier avec la marquise de Koajélère, dont je vous donnai le récit. Entrée en favorite à l’Élysée, elle prétendait y demeurer en « Première dame », selon la formule idiote des ménagères et des gazetiers. Elle en sortit par l’issue de service. Je vous disais de la marquise : « Elle a souffert, elle a pleuré, elle ne portera pas le deuil de l’amour […] elle ne voudra plus que venger l’affront public fait à sa personne […] Pourrons-nous bientôt nous réjouir d’une indiscrétion suavement murmurée ? ».
Eh bien, ma cousine, voilà qui est fait ! La Koajélère signe ce jour un libelle assassin, un récit absolument ravageur de sa relation amoureuse avec Gouda Ier. Sous la forme d’un livre, c’est le plus meurtrier des engins explosifs qu’on aura mis au point, pour atteindre à Sa Majesté. La bafouée ne songeait plus qu’à faire payer très cher l’affront, que Gouda Ier lui avait infligé. Sa vengeance s’étale à présent dans les vitrines de toutes les librairies, et l’on s’arrache son livre.
Bien sûr, toute l’engeance partageuse officielle -ministres, obligés, et autres volailles de basse-cour- a aussitôt formé le mur du mépris. Dans cette parade, les plus sincères et les plus mesurés ont été Ibtissam Soufi-Belgazel, qui détient désormais le maroquin des écoles, et Alémanc de Bol, breton de grande taille, ministre de l’agriculture. La Shéhérazade du présent règne, jolie créature aux yeux de velours et à la langue de plomb, en appelle à la dignité de la fonction, et veut s’arrêter là où commence la vie privée. Le duc de Bol, que la Koajélère met en cause dans une formulation d’une déplaisante ambiguïté1, contient avec élégance sa colère affleurante.
Madame du Dessus, députée Goudiste de Corrèze, à laquelle l’ancien souverain, Jacques Ier, prince des Monédières, déjà atteint des troubles mentaux qui l’ont définitivement éloigné du monde, avait fait une cour publique en présence de la reine, fait visiter la chambre qu’occupait Gouda, lorsqu’il n’était que maire de la bonne ville de Tulle. Elle la présente comme monacale, mais on dirait l’antre d’un riche qui voulût que l’on crût son train modeste. La du Dessus déploie un zèle si maladroit pour nous convaincre de l’austérité de mœurs du bonhomme, qu’on en vient à douter de la véracité de ses affirmations. Il faut dire que le lieu est d’une laideur dans son mobilier comme dans ses ornements, qu’il disqualifierait presque son locataire !
Des libraires, prétendus gardiens de nos mœurs et de notre civisme, annoncent qu’ils ne vendront pas l’ouvrage. Ils sont suivis, précédés même, par une grande partie de la classe intellectuelle et gazetière, plus hypocrite que jamais. Le philosophe Bernard Hardi-Lalibye, penseur-bombardier, a cru devoir prendre la parole pour vouer aux gémonies « cette femme dont les affres sentimentales ne devraient pas nous intéresser ». Qu’en sait-il ? Les excès des grands nous passionnent depuis que le duc de Saint-Simon a levé le voile sur ceux des excellences du royaume, à la cour du roi soleil. Hardi-Lalibye, avec ses préventions de chaisière, connaît-il seulement ce passage des Mémoires du duc, relatif à la Maintenon : « La reine supportait avec peine sa hauteur avec elle, bien différente des ménagements continuels et des respects de la duchesse de La Vallière qu’elle aima toujours, au lieu que de celle-ci il lui échappait souvent de dire :  “Cette pute me fera mourir.” »[2. Mémoires de Saint-Simon, volume 24, p. 158 de l'édition Delloy, 1840.]. Ce sont là des mots qu’aurait pu prononcer sur une estrade Éloïse de Bravitude, qu’on a vu monter à la barricade, pour défendre Gouda Ier. Il se répète dans les alcôves, qu’espérant un retour d’affection elle n’a de cesse de lui montrer mille manières de prévenance. N’évoque-t-elle pas, toute révérence gardée, l’épouse de Louis XIV, qui assistait, impuissante, à l’incessant défilé des favorites ?
Mais, m’objecterez-vous, la Koajélère n’est pas Saint-Simon ! En effet, ma belle cousine, et son style le prouve assez. Il n’empêche que sa publication impudique révèle parfaitement la suffisance, le dégoût contrefait des affidés, obligés, et autres instructeurs inscrits au registre de la police morale. Au reste, qu’apprend-on qu’on ignorait ? Que notre souverain n’aime pas les pauvres ? Mais qui donc, parmi les partageux, aime les pauvres, et recherche leur compagnie ? L’incroyable ministre des hôpitaux, qui se montre partout affectant un sourire d’effarée, aime-t-elle les pauvres ? Les assiste-t-elle ? Va-t-elle vider les bassins des nécessiteux, dans les asiles ? Et M. de Labius, détenteur amusé du portefeuille des Affaires étrangères, qui postillonne en argent et tousse en vermeil, se rend-il, nuitamment, sur les trottoirs de Paris afin de distribuer le bouillon chaud et la part de pain, qui restaureront les misérables ?
Les Excellences du parti des partageux sont, en réalité, bien plus responsables encore que le monarque sorti de leurs rangs, et qu’ils accablent dans la coulisse. Ils méprisaient Gouda. Du temps que le baron Grosse Canne, à grand renfort d’articles de complaisance, soutenu par des gazettes et des publicistes soumis et consentants, était au zénith, les princes de la partagerie  n’avaient pas de mots assez durs pour moquer les idées, les manières et jusqu’à l’apparence, il est vrai dénuée de grâce, du prétendant au trône de France. L’actuel maire de Lille, matrone fort méchante, avait signé un pacte avec Grosse Canne, afin de faciliter l’accession de ce dernier. Elle était prête à gouverner avec le champion des puissants, des capitaines d’industrie, et des tenanciers de maison close. À présent, elle prétend faire entendre la voix des sans-abris, des damnés de la terre, de la mer, et tantôt du Ciel ! Sous son masque de madone du Nord, se cache la figure d’une femme colérique, qui rêve de revanche. Tous, enfin, raillaient ce petit homme ventripotent. Or, dès qu’ils le virent si près de régner, ils se rangèrent derrière lui, après avoir repris la position qui leur est coutumière, l’accroupissement, accompagnée de tous les signes de la plus grande servilité. Aujourd’hui, il est à terre ; feignant de vouloir le relever, ils se précipitent, mais c’est pour le piétiner, et ses rivaux lui marcheront sur le ventre pour se hisser jusqu’à son trône.
Je vous ai gardé le meilleur de la bouffonnerie ambiante pour la fin. Figurez-vous que, dans le cabinet Valstar 2, s’était glissé un personnage tout à fait étonnant, le ministre du commerce, Augustin Cacheçéssous. Cette manière de Gaudissart 2.02, replet, béat, mesuré par les plus habiles tailleurs, montrait partout le visage de la satisfaction de soi. Sur le plan de la moralité, ne présentait-il pas les meilleures références ? Figurez-vous que ce monsieur, proche de Morlebourg, avait été nommé vice-président de la commission sur la fraude fiscale, à la Chambre ! On avait remarqué sa véhémence et ses mimiques d’outrage, lors de l’affaire dite du chevalier de Lordanlsac, ce mousquetaire fringant et parjure, qui avait laissé fuir à l’étranger ses lingots épris de liberté. Entendez ceci, ma cousine : ce même ministricule, espoir de son parti, toujours à s’esclaffer dans les couloirs et à donner à voix forte des leçons de moralité, ne déclarait plus ses revenus depuis trois ans3! C’est à l’évidence, et certes momentanément, la plus comique des mésaventures du cabinet Valstar II. Ce bonhomme Cacheçéssous est le parfait représentant d’une classe politicienne, qui se croit innocente parce qu’elle s’imagine intouchable.
Ah ma cousine aimée, je crains que notre infortuné monarque n’ait plus la tête au genre de divertissements que vous m’offrez à chacune de mes visites !